L’ouragan covid révolutionne un mercato à la baisse



Le 9 juin prochain, le mercato estival débutera en Angleterre et en France, avant l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie le 1er juillet. Cela n’empêche pas les clubs de se projeter dès maintenant et de penser à leur recrutement. Et les premières tendances aperçues laissent entrevoir un nouveau marché à la baisse en raison de la pandémie de Covid-19.

Eduardo Camavinga au Paris Saint-Germain pour 100 millions d’euros cet été? L’annonce du prix demandé par le Stade Rennais pour sa pépite de 18 ans, à un an de la fin de son contrat, a grandement fait réagir. Car depuis plus d’un an et la pandémie de coronavirus qui frappe de plein fouet le sport, les clubs de football scrutent de près leur moindre dépense.

Alors, quand Rennes réclame une centaine de millions d’euros pour Camavinga, tout le monde fronce des sourcils. D’autant plus lorsque Nicolas Holveck, le président du club breton, accorde une interview à Ouest-France, dans laquelle il s’attend à une baisse considérable des dépenses de transfert cet été: « Le football européen a perdu 6 ou 7 milliards d’euros donc il ne faut pas se mentir, le mercato de cet été va être compliqué, bien plus que celui de l’été dernier, qui était déjà très faible. »

Une inquiétude liée à la pandémie de Covid-19 qui pourrait donc avoir un impact considérable sur les mouvements de joueurs dans les prochaines semaines. L’été dernier, les conséquences financières de l’épidémie avaient déjà grandement influé sur les montants déboursés par les clubs des cinq grands championnats européens: une baisse de 44% des dépenses avaient été constatées entre 2019 et 2020 (5,8 milliards d’euros contre 3,3 milliards l’été dernier), selon les données de l’Observatoire du Sport CIES.

Des premiers remous liés à la crise

À quel niveau se situeront les dépenses de ces clubs cet été? Difficile pour l’instant de le prévoir, mais les tendances sont encore à la baisse, et confirment les dires de Nicolas Holveck. Comme lors du dernier mercato estival, les prêts pourraient se multiplier, comme les échanges de joueurs, à l’instar de celui entre Arthur et Miralem Pjanic, qui permettent une savante réécriture comptable favorable aux clubs.

Fonctionnant grâce au ruissellement des plus grands clubs vers les plus petits, le marché des transferts est inévitablement touché par la crise que traverse le football européen. Les promesses de revenus colossaux de la Super League ne verront pas le jour et les douze clubs concernés voient une nouvelle fois leur capacité d’investissement en berne, quand les revenus de billetterie et de compétitions sont toujours incertains en raison de la pandémie.

Résultat, le flou règne. Et avant même l’ouverture du mercato, les premiers dominos tombent. Antonio Conte, qui a mené l’Inter à son premier titre de champion d’Italie depuis 2010, a annoncé son départ hier du club alors que celui-ci va devoir vendre cet été pour renflouer ses caisses. Face au manque d’assurance des Nerazzurri, Conte a préféré claquer la porte.

Éviter les folies

Il fut un temps où remporter un championnat et obtenir une qualification en Coupe d’Europe assurait des investissements conséquents l’été venu. Cette période est révolue. Les dirigeants du LOSC le savent mieux que personne et s’attendent à vivre une révolution cet été, avec de nombreux départs. Les difficultés financières touchent les plus grands clubs. Florentino Pérez, qui a été réélu président du Real Madrid en avril, n’a jamais eu autant de mal à sortir des fonds pour recruter une star en début de mandat. Son rêve de faire venir Kylian Mbappé à Madrid prend chaque jour du plomb dans l’aile.

Même du côté de Manchester City, soutenu par les fonds quasi-illimités du Abu Dhabi United Group, on pourrait éviter les folies cet été. « On ne pourra pas signer d’attaquant, c’est impossible. On ne peut pas se le permettre. (…) Tous les clubs ont du mal financièrement, on n’est pas une exception », expliquait Pep Guardiola début avril. Évidemment, la possibilité de recruter un Harry Kane malheureux à Tottenham s’étudie de près, mais les montants évoqués ont de quoi rebuter les décideurs.

Erling Haaland, qui devait affoler le marché des transferts cet été, pourrait ainsi rester à Dortmund une saison de plus. Les clubs intéressés voient d’un bon œil la possibilité d’activer une clause libératoire plus abordable à hauteur de 75 millions d’euros l’été prochain. Rien n’exclut que certains clubs s’adonneront à quelques folies dans les prochaines semaines, mais le temps semble être à celui du recrutement « intelligent ».

Recruter malin et gratuitement

Les fins de contrats sont très prisées et le FC Barcelone est l’archétype du club en difficulté financière qui souhaite engager un renouvellement de son effectif avec des moyens limités – le club possède une dette abyssale de plus d’un milliard d’euros -. Eric Garcia, Sergio Agüero, Georginio Wijnaldum ou encore Memphis Depay devraient rejoindre la Catalogne gratuitement. Quatre bonnes affaires qui prouvent qu’il n’est pas forcément nécessaire de dépenser à perte pour construire un bon effectif.

Le PSG n’aura pas d’autre choix que de réfléchir de la même manière car le club de la capitale souhaite en priorité prolonger Mbappé après Neymar. Viendra ensuite le temps de dénicher quelques bonnes affaires, comme Sergio Ramos, qui arrive en fin de contrat du côté du Real Madrid.

Voilà le dilemme qui se présente à l’ensemble des clubs européens: remanier son effectif tout en limitant les investissements. Plus que jamais, recruter malin va être nécessaire et les informations transfert évoquées jusque-là n’indiquent pas de coup de folie à 100 millions. L’an dernier, les dix plus gros transferts de l’été avaient atteint en cumulé 600 millions d’euros, soit 300 de moins que la saison précédente. Cet été, difficile d’imaginer que de tels montant seront atteints par les clubs européens.



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