Ce que Longoria reproche vraiment au foot français



Critique envers l’absence de « modèle » dans le football français, Pablo Longoria a été repris de volée par Raymond Domenech et Bruno Génésio. Sans que ses propos ne soient pleinement entendus.

C’est le sujet qui fait bouillir le microcosme du football français depuis lundi: dans un long entretien au quotidien espagnol El Pais, le président de l’OM Pablo Longoria a légèrement égratigné le football français, qualifiant notamment ses joueurs de « très individualistes » et critiquant l’absence de « modèle de jeu », qui fait que la Ligue 1 exporte « peu d’entraîneurs ». Ce sont en tous cas ces extraits qui ont été repris par plusieurs techniciens tricolores, Raymond Domenech en tête, qui se sont élevés pour rejeter ces affirmations en bloc, sans prendre en compte la totalité de ses propos.

« Une recherche de sens » globale

Dans l’interview, donnée en espagnol, Pablo Longoria est frontalement interrogé sur la « huitième place occupée par la Ligue 1 au classement UEFA cette année » et les raisons pouvant expliquer « cette crise ». Pour y répondre, le dirigeant phocéen évoque une « recherche de sens » globale, incluant aussi bien « les problèmes avec Mediapro », les nombreuses exportations de joueurs, que l’absence de « ligne logique de cohérence » dans le jeu entre l’équipe nationale, le PSG (locomotive du championnat) et l’ensemble des clubs de Ligue 1.

C’est uniquement cette dernière partie qui est reprise et critiquée, faisant fi des autres éléments. Interrogé à ce sujet par Eurosport, Hubert Fournier, DTN de la FFF, défend ses compatriotes mais reconnait qu’il n’est pas « dans la volonté d’imposer un style de jeu particulier ». « On souhaite laisser une liberté à nos entraîneurs car le football évolue constamment. […] On refuse une forme de dictature dans laquelle on imposerait à nos clubs et nos entraîneurs de mettre en place un style de jeu », explique notamment l’ancien coach de l’OL. Des déclarations qui rejoignent plutôt globalement ce qu’évoque Longoria, qui le déplore alors que Fournier le considère plutôt comme une force, qui ferait aussi partie « de la créativité de nos entraîneurs ».

« L’un des pays qui exporte le moins de coachs »

L’autre point qui pose problème à beaucoup de coachs tricolores vient plus tard dans l’interview. Longoria y déclare : « En France, il n’y a pas de modèle de jeu. Objectivement, si l’on analyse l’ensemble du globe, c’est l’un des pays qui exporte le moins d’entraîneurs. » Une prise de position qui scandalise Raymond Domenech, qui estime que l’Espagnol « reprend le flambeau de la critique envers les entraîneurs français chère à tous nos détracteurs », tandis que Bruno Genesio estime que « plein de coachs français qui font très bien leur travail ne sont pas mis en avant parce qu’ils n’ont pas la carte ».

La critique de Longoria ne se porte pourtant pas sur les techniciens en tant que tels mais, là encore, sur l’absence d’ »identité collective », d’un projet de jeu commun au football hexagonal. Son constat sur l’exportation des entraîneurs s’appuie par ailleurs sur une statistique : un seul entraîneur français est actuellement aux manettes d’un club des quatre grands championnats européens, Zinédine Zidane. Un chiffre qui a pour limite de ne pas prendre en compte les sélections nationales, même si Hubert Fournier reconnait un « manque de rayonnement » global de ses formateurs.

Une formation qui a ses qualités et défauts

« Vous ajoutez […] que nous formons des joueurs individualistes. […] En tant qu’ex-recruteur, vous êtes bien placé pour le savoir, nous sommes avec les Brésiliens les plus grands exportateurs de joueurs au monde. Ces mêmes joueurs qui pourtant ont l’air de s’adapter rapidement dans les clubs où le concept concret de jeu est mis en avant », s’insurge également Raymond Domenech, reprenant un passage de la fin de l’interview qu’il juge méprisant.

Cet extrait s’inscrit dans la réponse de Longoria à la question : « Quels sont les qualités et les défauts de la formation française ? ». Pour lui, c’est « le mélange de cultures » footballistiques qui fait de la France un « pays exportateur par excellence ». Il estime aussi que l’entraînement en France est comparable « au football de rue », parce qu’il forme de très bons joueurs « individualistes », pouvant « faire une différence », mais pas nécessairement préparés à « être intégrés dans un modèle de jeu ». Un constat pas si éloigné, finalement, de celui du président de l’UNECATEF.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *