« J’ai honte quand je rentre chez moi », Dijon a du mal à croire en son maintien



Lanterne rouge du championnat, Dijon reçoit ce dimanche après-midi (15h) Reims pour le compte de la 30ème journée de Ligue 1. Le club bourguignon réalise une saison catastrophique et affiche 12 points de retard sur le barragiste, Nantes, à neuf journées de la fin.

Un calvaire. Après 29 journées de championnat, Dijon affiche seulement 15 petites unités au compteur et reste sur 12 matchs sans victoire en Ligue 1. Après la lourde défaite contre Bordeaux, dimanche (3-1), le moral est au plus bas dans le vestiaire du DFCO. « Les joueurs sont impactés par les résultats comme tous ceux qui aiment le club, affirme le technicien dijonnais, David Linarès. Je vois des joueurs en difficulté au niveau de la confiance. On sait très bien que le foot de haut niveau se joue dans la tête et actuellement on n’est pas dans les meilleures conditions. »

Même son de cloche chez Grégory Coupet, l’entraîneur des gardiens du club. « On est dans le dur actuellement. On souffre énormément, analyse l’ancien lyonnais. Mathématiquement c’est toujours faisable mais c’est difficile d’imaginer le maintien. Maintenant ce que l’on demande aux joueurs c’est d’avoir de bonnes attitudes. »

Le coup de gueule de Coulibaly

Le club se dirige dangereusement vers la Ligue 2. « On a un bon pied dedans », a lâché Senou Coulibaly juste après le match contre Bordeaux, avant de charger quelques-uns de ses coéquipiers. « S’il y en a qui ne sont pas assez fiers pour pouvoir se dire ‘bon, c’est vrai que c’est dur, mais il faut bien terminer ces neuf matches’ (…) Moi, j’ai honte quand je rentre chez moi, affirme le défenseur du DFCO. Chaque week-end, je rentre, j’ai perdu. Vous parlez avec des amis, vous essayez d’oublier mais vous ne pouvez pas, ça fait mal à la tête. » Des mots qui ont plu au coach. « C’est un cadre du vestiaire et il n’a pas peur de dire les choses. Cette sortie est honnête et authentique. »

Arrivé en début de saison à Dijon, le milieu de terrain kosovar, Bersant Celina essaye, lui aussi, de s’adapter à la situation :  » Ce n’est pas très facile en ce moment. Il faut faire le tri dans sa tête tout en restant concentré sur le championnat et tout faire pour gagner quelques matchs dans cette fin de saison. Cette rencontre contre Reims peut nous permettre de gagner un peu de confiance. »

« On n’y croit plus »

Pour essayer de trouver une première explication à cette situation, il faut remonter à l’arrêt des compétitions en mars 2020 où Dijon se maintient en Ligue 1 à la 16ème place. Les voyants sont tous au vert. Sauf que, pendant l’été, le club va connaître un profond bouleversement. Plusieurs cadres de l’équipe quittent le club. Pour essayer de compenser ces départs, Dijon attire des joueurs qui n’ont pas le rendu espéré en début de championnat. Au mois de novembre, deux fusibles sautent. Olivier Delcourt, le président du DFCO, annonce les limogeages de Stéphane Jobard, l’entraîneur, et de Peguy Luyindula, le directeur sportif.

Jobard est donc remplacé par David Linarès qui décroche dès son arrivée un match nul contre Metz avant de signer une victoire à Nice en championnat. Mais les vieux démons sont rapidement de retour pour le plus grand malheur des supporters. « On s’attendait à vivre une saison difficile, affirme Julien Parisot, supporter et rédacteur pour le blog Dijon Show. Mais être aussi loin du barragiste à ce stade du championnat c’est très difficile à vivre mentalement. En tant que supporter, on n’y croit plus depuis quelques semaines. »

Une année difficile économiquement

Comme les joueurs, les fans ont le moral à zéro. « C’est très difficile de suivre un club, de regarder tous les matchs, quand on est dernier de Ligue 1, poursuit Julien. On se dit qu’on peut prendre une rouste chaque semaine et même quand on arrive à accrocher une bonne équipe, ça ne nous sert pas à grand-chose car derrière on retombe dans nos travers. »

Outre le plan sportif, une descente en Ligue 2 pourrait être catastrophique sur le plan économique pour le DFCO. Avec la crise du coronavirus et celle des droits TV, la chute en deuxième division s’annonce brutale d’un point de vue budgétaire. Après cinq saisons dans l’élite, Dijon devrait retrouver la Ligue 2 dans les prochains mois. « Pour toute une ville, c’est un acteur économique très important quand un club est en Ligue 1, confie Julien Parisot. Le voir sombrer en Ligue 2 c’est inquiétant en tant que supporter mais aussi en tant qu’habitant de Dijon. »



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